1P1H – une photo une histoire – une série d’articles dans laquelle je raconterai une histoire en relation avec une photo. Je commence aujourd’hui avec Seattle, un article qui aurait pu aussi s’appeler « Un Nouveau Départ », si on avait été dans un épisode d’une grande saga.

Seattle est une ville que j’ai visité pour la première fois en février 2008. Après un trajet de 16 heures et deux étapes, j’ai atteri en fin de journée et j’étais dans un état vaseux, lessivé, complètement deconnecté de mon horloge interne, et n’avais qu’un seule idée en tête: aller à mon hôtel et dormir jusqu’au lendemain, malgré une envie énorme de découvrir la vill. Malheureusement, à l’aéroport, je regardais tourner le tapis roulant à vide depuis quelques minutes, quand une employée sympathique s’est approchée de moi et m’a demandé si j’étais bien Monsieur Losberger, pour ensuite m’apprendre que ma valise était restée à Londres. Changement de plan: après avoir pris ma chambre, me voilà reparti en mode zombie pour acheter quelques fringues afin d’être présentable à la conférence à laquelle j’assistais le lendemain.
Le soleil brillait encore un peu et j’ai pris avec moi mon Nikon D300, le premier appareil numérique « sérieux » que j’avais acheté quelques mois auparavant pour me remettre à la photo, que j’avais délaissée un peu depuis quelques années. Donc après avoir acheté quelques fringues chez GAP et le soleil commençant de décliner à l’horizon, je suis parti en direction du site touristique le plus proche, le marché aux poissonx de Seattle, le fameux Pike Place Fish Market. Je n’étais à Seattle que pour quelques jours, et malgré mon état comateux du moment, il fallait quand même que j’essaye d’en profiter un peu.
J’arrive donc en haut d’une rue légèrement en pente, près du Starbucks original, et je vois tout à coup s’ouvrir cette magnifique vue avec l’enseigne allumée, la mer et les îles en toile de fond, et la bonne lumière de coucher de soleil pour appuyer sur le déclencheur. Mon esprit embué s’est également illuminé pendant ces quelques instants d’admiration de la scène. Je n’ai fait que 4 ou 5 photos avec des angles légèrement différents avant que la luminosté ne décline, que la fatigue ne me retombe dessus et que je retourne à l’hôtel pour m’écraser dans mon lit.
J’avais bien fait de me pousser un peu, parce que les jours suivants, le ciel de Seattle était nuageux, maussade ou plombé et je n’ai plus eu l’occasion de revoir un ciel aussi bleu que celui que j’avais photographié ce premier soir. La photo n’a certainement rien d’extraordinaire et des milliers de touristes ont probablement la même, mais pour moi elle a quelquechose de très spécial et signe mon retour à la photographie.
